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  • Julie veut bienveiller

En route vers le sevrage

Nous y sommes : le début de la fin.

Je m'étais dit que j'irai jusqu'au sevrage naturel. Finalement l'aventure se déroule autrement.




Nos tétées, ce sont des moments d'Amour, de partage, de regards tendres et uniques, de complicité, de rigolade, de douceur, de repas. Oui, je mets ce mot en dernier. N'oublions pas qu'elle a 26 mois : elle mange comme nous à table, prend le petit déjeuner, le goûter, le déjeuner, le goûter, le dîner.

Nos tétées, c'est aussi des moments où le bout de sein souffre d'être gardé en bouche pendant le sommeil du tout petit, où l'enfant bouge tellement que cela devient désagréable, des nuits où mamans est fatiguée et a mal au dos à force de se positionner au mieux pour que bébé se sente bien, etc.


Nos tétées, c'est vraiment tout ça en même temps ! C'est-à-dire que je pourrais bien en 10 minutes rouspéter à cause d'un mamelon tripoté et me dire juste après : "Oooohhh, ce regard intense qu'elle me lance, c'est bien ça le bonheur !".


Tout de même, il m'est arrivé de voir plus d'inconvénients que d'"avantages". Et même en tentant de réduire les inconvénients, je me suis rendue compte petit à petit que cela devenait de moins en moins agréable pour moi de donner le sein à ma fille. Avec Super Papa, on s'est mis d'accord sur le fait d'arrêter l'allaitement, petit à petit, en douceur.


Mais vous pensez bien, il y en a une qui était moins d'accord que nous.

Théa n'est pas prête à arrêter complètement de téter. Ce n'était pas ce que je lui proposais, mais j'ai l'impression que c'est ce qu'elle a compris.

Il y a diverses manières de tendre vers l'arrêt de l'allaitement, et je ne pourrais témoigner de ce que j'ai testé, évidemment.


Depuis quelques semaines, j'ai introduit quelques variantes aux tétées, au fur et à mesure :

-proposer une autre boisson à la place du lait maternel : lait artificiel, eau, jus

-un seul sein à la fois au lieu des deux pendant une tétée

-non accès aux deux seins (pour moi, ceci a été salutaire : fini les tripotages qui me faisaient grimacer)

-un temps limité (elle s'amusait à compter sur ses doigts, prenait une certaine quantité de lait et s'arrêtait au bout du comptage)

-faire lâcher le sein pendant le sommeil : ça y est, on a une bonne technique maintenant !

-refus du sein lorsque je savais que ce serait déplaisant pour moi sur le moment, etc.



Il a fallu un impératif : ÉTABLIR CE QUI ÉTAIT ACCEPTABLE POUR MOI, POUR POUVOIR LE LUI PROPOSER.

Je me suis donc fixée une base : 3 tétées par jour, et plus au besoin (un chagrin nécessitant une tétée de réconfort par exemple).


Je lui ai expliqué avec des mots simples, en situant : "je te donnerai le lait au sein le matin au réveil, avant la sieste de l'après-midi, et après ton bain du soir". Elle était d'accord.


Cela fait deux soirs que je m'y tiens.

Elle pleure quelques minutes quand elle se réveille la nuit et que je lui refuse le sein, mais elle s'apaise rapidement lorsque je lui parle et lui replace le contexte : "Rappelle-toi, on a dit que la nuit, on ne faisait plus de tétée, et que tu pourrais avoir le tété au réveil du matin; en attendant, tu peux boire du lait dans ton biberon ou de l'eau dans la gourde". Elle comprend, boit de l'eau, réclame un câlin, un bisou, et demande à dormir dans mes bras. Elle obtient satisfaction bien entendu, et je lui donne le plus d'amour que je peux par mes paroles et mes caresses.

La journée, je dis "non", et elle passe à autre chose.


Comme ça, ça a l'air d'être très facile. J'ai bien envie d'écrire Oui et Non. Certes, son acceptation de ma décision est rapide et tout ce qui en découle est fluide, mais cette nuit en la voyant malheureuse j'ai failli craquer et lui donner ce qui lui ferait du bien mais j'ai tenu parce que j'étais convaincue que c'est ce qu'il nous faut en ce moment.


Je m'étais tant battue à nos débuts lactés, c'était si difficile. Aujourd'hui j'ai le cœur plutôt léger de constater qu'en deux nuits,

J'ai vraiment le sentiment de l'aider à grandir.

Ce matin au réveil, elle était de bonne humeur, n'a même pas demandé à téter. Elle a pris son petit déjeuner, on a pu discuter de son chagrin de la veille avec du recul, puis elle est allée jouer.

Eh bien je vais vous dire, j'ai pleuré. De soulagement je crois. De voir que finalement ce n'est pas si terrible de sevrer partiellement son enfant, que même si ce n'était pas notre souhait de départ, on s'en fiche, car ce qui compte c'est ce dont on a besoin.


On va bien toutes les deux, et je dirai même plus, on va bien tous les trois. Eh quoi ? Vous pensiez que Super Papa baillait aux corneilles ? Non ! Il était là en soutient. Il a vu sa fille pleurer pendant la nuit, il a vu sa femme pleurer le lendemain. Le sevrage induit se vit aussi par le papa. Je ne pourrais pas vous parler de son expérience, je ne serai pas à ma place. Mais je peux vous dire que sa présence et son soutien comptent.


Alors nous y voilà. De l'allaitement à la demande à 3 tétées par jours. En deux jours.


Avez-vous déjà remarqué qu'il existe plus d'informations sur le début et la poursuite d'un allaitement que de conseils sur la façon dont l'arrêter en douceur ?

Mais ceci est un autre sujet ...

Tout de même, si vous lisez mon article parce que vous êtes dans une situation similaire, que vous souhaitez diminuer voire arrêter d'allaiter, je vous laisse le lien de la rubrique Sevrage de la Leache League. C'est ce que j'ai trouvé de plus complet.



Je m'abstiendrais de tout conseil aux mamans pour cet article. Tout simplement parce que


MAMALLAITANTE, C'EST TON ALLAITEMENT ET CELUI DE TON ENFANT : VOUS SEULS SAVEZ QUAND ET QUOI FAIRE.



Et puis, dites-moi en commentaire comment ça se passe pour vous, et votre enfant (vos enfants pour celles qui co-allaitent) !

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