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  • Julie veut bienveiller

La punition



Il y a quelques jours, j'ai mis ma douce T. en punition : au moment du change, sur la table à langer, elle se met à me donner des coups de pieds dans le ventre.

Je lui demande d'arrêter. Elle continue.

-S'il te plait, ne me donne pas de coups de pieds, tu es en train de me faire mal. Tu sais bien qu'on ne doit pas se faire du mal.

Coups de pieds. Sourire.

-Bon, ça suffit. Si tu me blesses encore, je te mets dans ton berceau pour ne plus avoir mal.

Coups de pieds.

Je l'installe au berceau, en lui expliquant bien pourquoi je l'y mets. Elle ne râle pas, me tend les bras pour que je l'en sorte.

-D'accord, je te donne une chance. Tu peux sortir du berceau, et je vais continuer à t'habiller.

Coups de pieds. Sourire.

Sans rien lui dire je la soulève et la remet au berceau. Elle se lève, se place dans un coin de berceau, se tourne, regarde le mur, et râle.

-Dès que tu seras plus calme tu sortiras.

Elle ne s'est pas calmée. Je l'ai observée environ 2 minutes. Elle était agacée. Je me suis approchée d'elle, lui ai fait quelques caresses, l'ai prise dans mes bras et câlinée.

Je l'ai distraite avec un jouet et lui ai enfilé rapidement un T-shirt.

C'était la 1ere punition de ma fille.


Je l'ai ressassée tout au long de la journée: qu'est ce que j'aurais dû faire ? Est-ce que c'est mon comportement qui l'a incitée à donner des coups ? Quelles étaient les autres options à envisager pour ne pas la punir ? Ma réaction était-elle "bonne" ? Est-ce que j'ai bien fait de revenir vers elle ? Pourquoi s'est-elle mise au coin toute seule : voulait-elle ne plus me voir ou bien que ce soit moi qui ne la voie plus ?

Je ne sais pas trop ce qui m'a poussé à l'isoler, et au final, si elle a vraiment compris qu'il ne fallait pas continuer à donner des coups de pied.

Cela a déjà été démontré, punir un enfant ne l'éduque en rien.

Carlos González (pédiatre pro allaitement, pro cododo, s'intéressant à la parentalité et l'éducation) écrit à ce propos dans l'ouvrage Serre moi fort - Comment élever son enfant avec amour :

"S'il [l'enfant] n'est pas d'accord, s'il croit honnêtement qu'il a bien fait, il ne changera pas d'avis suite à une punition. Au contraire, il éprouvera colère et humiliation et recommencera à la première occasion. Le mieux que les punitions puissent enseigner à quiconque, c'est la dissimulation, pour éviter de se faire prendre."

Si ce livre vous intéresse, vous pouvez vous le procurer : ici !


Il y a bien des alternatives à la punition, déjà démontrées, expérimentées. Je ne pensais pas avoir à me documenter aussi tôt (douce T. a un an tout même !).

Du coup, j’ai lu de nombreux articles à ce propos, mettant en avant quelques concepts clés : Le cadre à poser, les limites à donner, les règles à expliquer et faire respecter, s’assurer d’avoir bien compris quels sont les besoins de l’enfant, préférer le « je » au « tu », ... , et bien d’autres choses encore qu’on peut entendre/lire sur le sujet, qui apparaissent évidentes de prime abord. Dans ma situation, je les trouvais difficiles à appliquer. Elles m'apparaissaient comme trèèèès lointaines. Certaines même, ne m'apparaissaient pas du tout.

Je crois que le plus important est d’être conscient de ce qui se joue, et à quel moment. Ce n’était pas mon cas. Je n’ai pas identifié le besoin de mon enfant, je n’ai pas compris s’il y avait un mal être physique, émotionnel, ou une demande.

Au fil de mes recherches, j'en arrive à quelques conclusions :

Okay, il y a mieux que de punir, mais quand même, cela ne m'a pas semblé si terrible pour ma fille de le vivre ;

Distraire un enfant "en crise" n'est pas de la manipulation comme je le pensais de prime abord, mais aide bien à transférer sa pensée et le libérer d'une situation de conflit dans laquelle il n'est pas capable de trouver seul la solution.


Tout de même, je vais me permettre de conseiller pour bienveiller au mieux votre enfant en cas de conflit, pour éviter la punition :

-Anticiper : soit par l’instauration d’un cadre limitant les stimuli, soit en prévenant votre enfant

-Prendre de la distance sur l’évènement, se détacher de l’affect pour agir en toute objectivité

-Garder en tête que l’enfant s’exprime : ce que l’adulte pourra apparenter à un « caprice » est bien souvent une manière de signaler un mal être, que l’enfant exprime comme il peut.

-Être attentif aux émotions de l’enfant, donc.

-Dire à l’enfant ce qui est attendu de lui

-Proposer des choix : la stratégie d’évitement permet de contourner le conflit, si pesant sur l’enfant

- Revenir sur ce qu’il s’est passé : différer la discussion permet à l’enfant d’avoir le temps de se décharger émotionnellement, et de parler de ses ressentis calmement afin de chercher/trouver ensemble une solution

-En cas de punition, ne pas culpabiliser. Ce n'est pas si grave, tout parent essaye, tâtonne, trouve... pour un temps ! Eh oui, si on s'imagine que ce qui fonctionne un jour fonctionnera le lendemain, on se fourre le doigt dans l’œil !



Enfin, je vous conseille la lecture d' Éduquer sans punir du Dr Thomas Gordon. Je n'en ai lu que quelques extraits, mais il s'agit d'un éclairage sur l'éducation sans punition, à la fois théorique et exemplifié. Si vous souhaitez vous le procurer : Cliquez ici !


N'oubliez pas de bienveiller !


#Punitions

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